Centre FORGE Afrique

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SOUTENANCE DE THESE DE DOCTORAT : Reverien NIZIGIYIMANA scrute l’ «Opportunité de création d’une union monétaire au sein de la communauté d’Afrique de l’Est »

« Opportunité de création d’une union monétaire au sein de la  communauté d’Afrique de l’Est (CAE) : Asymétrie de chocs, convergence macroéconomique et soutenabilité des politiques budgétaires », c’est sous ce thème que NIZIGIYIMANA Reverien a défendu sa thèse de doctorat en ligne à l’Université Thomas SANKARA à Ouagadougou ce mardi 08 juin 2021. La thèse dirigée par Idrissa M. OUEDRAOGO, Professeur Titulaire et co-dirigée par Mahamadou DIARRA, Maître de Conférences à l’Université Norbert ZONGO a été présentée devant un jury présidé par Chérif Sidy KANE, Professeur Titulaire en Sciences Economiques de l’Université Cheikh Anta Diop.

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Dr Reverien NIZIGIYIMANA

 

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Ont pris part à ce jury, Youssoufou HAMADOU DAOUDA, Maitre de conférences agrégé de l’Université de Tahoua au Niger ; Boukary OUEDRAOGO et Achille DIENDERE, Maitres de conférences agrégés, de l’Université Thomas SANKARA du Burkina Faso.

« Cette thèse contribue à évaluer l’opportunité de création d’une union monétaire au sein des pays membres de la CAE. A cet égard, ses contributions, réparties dans trois chapitres, s’appuient sur la Théorie des Zones Monétaires Optimales (TZMO) et ses nouveaux développements.

La méthode d’analyse appliquée est quantitative. Elle recourt essentiellement aux analyses descriptives préliminaires avant d’appliquer l’économétrie des séries temporelles et/ou des données de panels. Les résultats montrent que l’imperfection des mécanismes d’ajustements automatiques est à la base de l’incapacité de la zone à prévenir, amortir et/ou résorber les chocs asymétriques. La CAE ne constitue donc pas, ex-ante, une ZMO. Par ailleurs, « l’effet d’endogénéité » observé au sein de la zone demeure faible.

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En revanche, après l’instauration des critères de convergence, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie ont fait des efforts manifestes à la convergence nominale surtout en matière d’endettement public et des réserves de change. Le Burundi et le Kenya sont, quant à eux, quelque peu restés en arrière. En outre, il s’est avéré que les efforts de convergence nominale des pays de CAE ont produit des effets bénéfiques du point de vue de l’accroissement du revenu par habitant moyen de la zone. Cependant, en termes de bêta-convergence, ces efforts sont susceptibles de limiter la vitesse de convergence réelle de ces pays.

Enfin, les politiques budgétaires nationales des Etats membres de la CAE ne sont pas soutenables. Cependant, les efforts consentis au respect des critères de convergence facilités par les acquis des initiatives PPTE/IADM permettent d’augmenter les chances de soutenabilité des politiques budgétaires des pays de la CAE.

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En guise de suggestions, un fonds de cohésion sociale à l’instar de celui de la Zone Euro ayant pour vocation de soutenir les politiques sectorielles de redistribution au sein de la zone est indispensable afin d’améliorer la convergence réelle ».

Le jury à l’unanimité a estimé que l’impétrant a fait un travail scientifique acceptable qui respecte les normes académiques de recherche. Il a utilisé une approche méthodologique appropriée qui l’a conduit à avoir des résultats pertinents. Le jury après avoir recommandé d’intégrer les observations de forme et de fond à décerner le titre de Docteur en Sciences Economiques de l’Université Thomas Sankara avec la mention TRES HONORABLE à Reverien NIZIGIYIMANA.

 

Reportage : Y. HIE, P. Bakouan et A. SIRY

 

 

 

 

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Ils sont huit candidats du Laboratoire d’Analyse et de Politique Economiques à se voir décernés le grade de Docteur en Sciences Economiques de l’Université Thomas Sankara, avec tous la mention TRES HONORABLE, à l’occasion des soutenances de thèses de doctorat organisées par l’Ecole Doctorale des Sciences Juridiques, Politiques, Economique et de Gestion, du 08 au 13 janvier 2021. L’aboutissement de ces thèses s’est fait sous la direction du Professeur Idrissa M. OUEDRAOGO.



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Dr Aïchatou MOURFOU

« La mobilisation des recettes fiscales dans les pays de l’UEMOA : les déterminants et les effets redistributifs »


Les pays de la zone UEMOA font face à des déficits budgétaires récurrents. Ce qui traduit l’incapacité de ces pays à générer des recettes suffisantes pour financer leurs dépenses. Or, les Nations-Unies suggèrent de privilégier la mobilisation des ressources intérieures pour le financement du développement.  Conscients de cette situation, ces pays ont adopté des réformes fiscales, depuis les années 1990, afin d’améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Malgré les réformes fiscales entreprises par ces pays, la pression fiscale reste faible (inférieure à 20% qui est le minimum requis dans le cadre de la surveillance multilatérale des pays de l’UEMOA). Cette faiblesse des recettes fiscales serait imputable à une mauvaise qualité de la gouvernance et/ou des institutions.

Partant de ce contexte des pays de l’UEMOA, l’objectif général de la recherche est d’analyser les déterminants et les effets redistributifs de la mobilisation des recettes fiscales au sein des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) de 1996 à 2015.

 

L’impétrante analyse cet objectif sous trois (03) angles spécifiques. Premièrement, elle évalue l’effet de la qualité des institutions sur la structure fiscale c’est-à-dire sur les différents types de recettes fiscales notamment les recettes fiscales totales (somme de toutes les recettes), les recettes fiscales directes (qui sont entre autres les impôts sur le bénéfice et le revenu), les recettes fiscales indirectes domestiques (par exemple la TVA et les droits d’accises) et les recettes fiscales commerciales (comme les droits de douane). Deuxièmement, elle analyse l’effet direct et indirect (par le canal de la qualité des institutions) de l’exploitation des ressources naturelles sur les recettes fiscales non liées aux ressources naturelles. Dernièrement, elle examine l’effet des différents types de recettes fiscales sur les inégalités de revenus.

 

A la lumière de ces résultats, la thèse suggère aux pays de l’UEMOA de :

  • Renforcer les aménagements institutionnels visant l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales internes (directes et indirectes) et la réduction des recettes de porte afin de réussir leur transition fiscale. En pratique, il s’agit d’élargir l’assiette fiscale interne via la mise en place, du fichier unique du cadastre pour mieux suivre la mobilisation des recettes foncières et immobilières, un répertoire des métiers et contribuables du secteur informel, une taxe sur les cultures de rente et un impôt sur les locations des terres à vocation agricole.
  • D’améliorer la qualité de la gouvernance de sorte à accroitre leur capacité à gérer d'importants revenus provenant des ressources naturelles, notamment il s’agit de revoir les clauses de stabilité du secteur minier et les différentes exonérations dont bénéficient ce secteur.
  • Renforcer la progressivité des impôts directs et maintenir toujours la neutralité des impôts indirects.

Dr Idrissa KABORE

« Politiques de développement du secteur privé et transformation structurelle des économies en développement : Une analyse appliquée à la problématique du secteur informel au Burkina Faso »


S’appuyant sur le revirement de la pensée économique du développement en faveur du rôle central du secteur privé et les résultats contrastés des politiques de développement de ce secteur dans les pays en voie de développement, cette thèse analyse la capacité desdites politiques à créer les conditions pour l’émergence d’un secteur privé moderne porteur de croissance et de transformation structurelle de l’économie du Burkina Faso. Pour cela, elle s’appuie sur une démarche méthodologique basée sur des données primaires collectées sur des micros, petites et moyennes entreprises, une analyse historique, théorique et empirique, un modèle économétrique de décision de type logit et un modèle d’évaluation d’impact de type non expérimental. Des analyses, il ressort que les diverses réformes menées par le pays n’ont pas été de nature à décourager le développement extensif du secteur privé informel dans la mesure où, tout en n’offrant pas assez d’incitatifs capables de renforcer la productivité des entreprises, l’environnement du secteur privé formel burkinabè engendre un surcroît de coûts qui dégrade la profitabilité des entreprises et décourage toute tendance systématique à opérer de façon formelle. Pour cela, nous recommandons des réformes à la fois structurelles et sélectives visant à renforcer l’attractivité du secteur privé formel.


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Dr Adama OUEDRAOGO

« Effets de l’asymétrie d’information et de la gouvernance sur le développement bancaire et économique dans l’UEMOA »


En dépit des reformes financières qui ont été opérées par la BCEAO suite à la crise des années 80, le sous-développement bancaire et économique demeure un grand défi dans les pays de l’UEMOA. Des recherches ont été dédiées à cette problématique en Afrique sub-saharienne et dans d’autres régions du monde. Toutefois, ces recherches ne couvrent pas entièrement tous les déterminants du sous-développement bancaire et économique de l’UEMOA notamment les facteurs informationnels et institutionnels. L’objectif de cette thèse est d’analyser les effets de l’asymétrie d’information et de la gouvernance sur le développement bancaire et économique dans l’UEMOA. En utilisant la méthode d’estimation « Fully Modified Ordinary Least Square (FMOLS) » de Pedroni (1996, 2000) et l’estimateur « Pool Mean Group (PMG) » de Pesaran, Shin et Smith (1999) sur des données agrégées des pays de l’UEMOA couvrant la période 2003-2016, nous montrons principalement que l’asymétrie d’information et certaines variables de la gouvernance influencent significativement l’offre de crédit bancaire, la profitabilité bancaire, l’investissement et la productivité globale des facteurs dans l’UEMOA. Ces résultats impliquent des mesures de politiques économiques au nombre desquelles, l’amélioration de la gestion de l’information et de la qualité de la gouvernance dans l’UEMOA.


Dr Abdoulaye SIRY

« Risque et financement bancaire du développement en Afrique subsaharienne »


La plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont confrontés à des risques et incertitudes divers et récurrents de types sociopolitiques, macroéconomiques, financiers et naturels. Le développement financier reste encore limité et contraint par ces perturbations exogènes et endogènes, même si certains pays de la zone ont enregistré des progrès importants.

La thèse démontre que la contribution des banques commerciales au financement du développement en Afrique subsaharienne est fonction des indices de leur profitabilité et de leur résilience, indices auxquels il est nécessaire d’accorder une attention particulière aux déterminants en situation de risques ou d’incertitudes. Ce modèle de comportement des banques peut se justifier par les politiques de restructuration et de libéralisation des années 1990, entreprises dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne.

Les banques dans l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ont été moins rentables et moins résilientes aux perturbations exogènes sur la période 2004-2017, comme dans les autres régions de la zone. La récurrence des risques et incertitudes naturels, tels que les risques climatiques, les risques sociopolitiques, technologiques et le terrorisme ont des effets directs et indirects négatifs, mais souvent positifs (effets indirects) sur les indices de rentabilité et de résilience des banques en Afrique subsaharienne. Ces résultats sont obtenus sous le contrôle de facteurs intrinsèques aux banques et macroéconomiques.

La méthodologie est basée sur des analyses descriptives et monographiques, appuyées de tests empiriques à l’aide d’une modélisation économétrique spatiale statique et dynamique (Spatial Durbin Model) sur la période 2003-2017. La cartographie des risques est réalisée sur la période 1997-2019. En période de turbulence, il serait risqué pour les banques de fonder uniquement leur décision de financement du développement sur les indices de rentabilité et de résilience. La prise en compte de l’influence des différents risques sur les indices de profitabilité et de résilience peut guider davantage les banques dans leur politique d’offre de crédit à l’économie et de crédit de long terme, suivant les théories de la finance et de la planification stratégique.


Dr Aminata OUEDRAOGO

« Effets des Transferts de Fonds des Migrants sur l’accumulation de capital humain, la gouvernance et l’investissement domestique dans les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) »


L’objectif de ce travail est d’analyser les effets macroéconomiques des transferts de fonds des migrants dans les pays de l’UEMOA. Trois chapitres sont consacrés à l’effet des transferts de fonds sur l’accumulation de capital humain, la corruption et les dépenses de santé publique, ainsi que sur l’investissement domestique. Le premier chapitre étudie la contribution des envois de fonds à l’accumulation de capital humain. Les estimations des données pour la période 2000-2017 par l’estimateur Within et celui des doubles moindres carrés (DMC) montrent que les envois de fonds ont un effet positif sur le capital humain. Le deuxième chapitre analyse l’effet des envois de fonds sur la corruption et le financement public dans des secteurs sociaux tels que la santé dans les pays de l’UEMOA. L’estimation par la méthode des Pool Mean Goup sur des données couvrant la période 1996-2017 pour sept pays de l’Union montre que les envois de fonds contribuent à accroître le niveau de corruption. Aussi, l’estimation par les doubles moindres carrés sur les données des huit pas entre 2000 et 2017 montre que les envois de fonds n’ont pas d’effet sur les dépenses publiques de santé dans l’Union. Il est donc nécessaire de prendre en compte cet effet des envois de fonds sur les institutions. Le troisième et dernier chapitre cherche à déterminer si le niveau de développement financier et la qualité des institutions jouent un rôle dans la promotion de l’utilisation des envois de fonds à des fins d’investissement dans les pays de l’UEMOA. L’estimation par les Pool Mean Group des données couvrant la période 1990-2017 pour sept pays de l’Union montre que le développement financier ne détermine pas l’effet des envois de fonds sur l’investissement intérieur. Cependant, la qualité institutionnelle, à travers la maîtrise de la corruption et les envois de fonds sont des substituts.


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Dr TIENDREBEOGO Aïcha

« DETERMINANTS DU SECTEUR INFORMEL ET SES EFFETS SUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE DANS LES PAYS DE L’UEMOA »


Les pays en développement, particulièrement ceux de l’UEMOA, font face à une informalisation croissante de leur économie. Il ressort également une faiblesse de la croissance économique dans ces pays. Il existe une théorie selon laquelle, le secteur informel est une entrave à la croissance économique. Certaines études ont apporté une validation  empirique de cette hypothèse. Par contre, les résultats d’autres études réfutent cette hypothèse. C’est dans cette optique que cette thèse s’est donné pour objectif d’analyser la contribution du secteur informel, à la croissance économique des pays de l’UEMOA. Précisément, la thèse a d’abord cherché les déterminants de la taille du secteur informel sur la période 1996 à 2017, à l’aide de l’estimateur des Pooled Mean Group (PMG). Elle a ensuite analysé les effets du secteur informel sur la croissance économique à l’aide également de l’estimateur des Pooled Mean Group (PMG). Elle a enfin étudié à l’aide d’un modèle à changement de régime, les seuils des recettes fiscales et des institutions susceptibles d’influencer les effets du secteur informel sur la croissance économique. Les résultats montrent que la bonne qualité des institutions empêche le développement du secteur informel. Il en résulte également que le développement du secteur informel est une entrave à la croissance économique des pays de la zone. Cette thèse met enfin en évidence à la fois l’existence d’un seuil optimal de la qualité des institutions et celle d’un seuil optimal des recettes fiscales qui annulent les effets négatifs du secteur informel sur la croissance économique.


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Crédit photo: Yaya HIE, Pasteur Photo



14/01/2021
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